Au 10 rue Jean-Jacques-Rousseau, à quelques pas du Louvre et du Palais-Royal, Pierre Guillaume Paris écrit un nouveau chapitre de son histoire en ouvrant les portes d’une Maison d’Auteur de Parfumerie de plus de 100 m², au sein d’une adresse singulière où se rencontrent plusieurs siècles de création, d’architecture et de savoir-faire. En faisant l’acquisition des murs de ce nouvel écrin parisien, la Maison affirme sa volonté d’inscrire durablement son histoire dans celle de la capitale. Ce choix patrimonial prolonge une démarche d’indépendance qui caractérise Pierre Guillaume Paris : celle d’un parfumeur-créateur disposant de sa propre Manufacture à Clermont-Ferrand, maîtrisant aussi bien la conception que la fabrication de ses fragrances.

Une Maison d’Auteur de Parfumerie au cœur du Paris historique
Une adresse patrimoniale, entre le Louvre et le Palais-Royal
Un quartier façonné par les métiers d’art et le goût du beau
L’adresse s’inscrit dans un Paris dont l’histoire est intimement liée aux métiers d’art, au commerce des objets précieux et à l’invention du luxe français. Au XVIIIe siècle, la rue Saint-Honoré et ses environs concentrent les boutiques de marchands-merciers prestigieux, tels Thomas-Joachim Hébert ou Simon-Philippe Poirier. Véritables passeurs entre artisans, artistes et collectionneurs, ces marchands orchestrent la rencontre des savoir-faire : ébénistes, bronziers, doreurs, porcelainiers et autres artisans d’exception contribuent ensemble à la création d’objets singuliers. Cette culture de l’assemblage, où la valeur d’une création naît autant de l’invention que de la maîtrise des matières, entretient une parenté évidente avec l’art du parfumeur. À quelques pas, la galerie Véro-Dodat, inaugurée en 1826, perpétue le souvenir de ce Paris commerçant où l’architecture elle-même participe à la mise en scène des créations. C’est dans cet environnement, chargé d’histoire et pourtant toujours vivant, que Pierre Guillaume choisit d’installer sa nouvelle adresse.
Une façade remarquable, héritage de la Belle Époque
Avant même de franchir le seuil, la boutique se distingue par une devanture au caractère exceptionnel. Un monumental encadrement de céramiques émaillées et dorées, aux reliefs végétaux et aux ornements caractéristiques des arts décoratifs du début du XXe siècle, entoure une façade habillée de Bleu Canopée, la couleur identitaire de Pierre Guillaume Paris. L’ensemble compose un véritable tableau architectural ouvert sur la rue. Ce décor historique a été identifié par Françoise Mary, spécialiste de la céramique architecturale, comme un ancien encadrement d’affichage publicitaire de la manufacture Hippolyte Boulenger & Cie, établie à Choisy-le-Roi. Cette grande maison de céramique, qui participa notamment à la réalisation des revêtements et décors du métropolitain parisien, fut l’un des acteurs majeurs de la céramique architecturale française à la charnière des XIXe et XXe siècles.Les palmettes, les modelés et les reliefs dorés de la façade évoquent ces encadrements ornementaux qui transformaient autrefois les murs des stations de métro en compositions décoratives. Leur présence sur une devanture commerciale constitue aujourd’hui un témoignage rare de cette esthétique parisienne. La finesse du décor, l’éclat de l’émail et la douceur du Bleu Canopée donnent à cette façade une identité immédiatement reconnaissable. Les lignes de la porte ancienne et les grilles géométriques aux motifs spiralés viennent compléter cet ensemble remarquable, dans lequel la création contemporaine s’inscrit avec naturel au sein d’un patrimoine préservé.
Botanica Sensuum, un jardin imaginaire dès le seuil
Fruit d’une nouvelle cocréation entre Pierre Guillaume et François Lebel, l’aménagement intérieur s’attache à faire dialoguer l’identité esthétique de la Maison avec l’histoire du bâtiment. Dès l’entrée, une mosaïque réalisée spécialement par l’artiste céramiste Amandine Armand déploie le motif Botanica Sensuum, signature graphique de Pierre Guillaume Paris. Figures animales, végétaux stylisés et entrelacs composent un jardin imaginaire, évocation d’une nature réinventée par l’imagination du parfumeur. Ce motif se prolonge à l’intérieur sous la forme d’un portique monumental qui accueille le visiteur et inscrit l’univers de la Maison dans l’architecture du lieu.Le rez-de-chaussée s’organise autour de lignes épurées, de présentoirs lumineux et de surfaces réfléchissantes. Les éléments de mobilier gris, identiques à ceux de la boutique de la Manufacture clermontoise, établissent un lien visuel entre les deux adresses. Le sol en Pavés de Paris, les nuances de Bleu Canopée et les jeux de lumière composent une atmosphère contemporaine, sobre et raffinée. Les flacons et leurs fragrances prennent place dans cet environnement comme autant de créations d’auteur, présentées sans ostentation, laissant au parfum lui-même la première place.
L’art et la matière en dialogue
Les œuvres du sculpteur Roland Cognet occupent une place essentielle dans ce nouvel espace. Au rez-de-chaussée, une sculpture animale en bronze, dotée d’une patine spécialement conçue pour évoquer la pierre parisienne, repose sur un socle imaginé par Pierre Guillaume, dont la géométrie est soulignée de traits lumineux. L’œuvre instaure un dialogue entre nature et architecture, entre surface et matière, entre la permanence du bronze et l’apparence minérale de la pierre. Une rencontre qui trouve un écho particulier dans l’art de la parfumerie : transformer les matières, en détourner les perceptions, leur donner la capacité d’évoquer un paysage, une présence ou un souvenir.
Sous Paris, la mémoire des siècles
Un escalier aux lignes lumineuses conduit au niveau inférieur, dans une atmosphère plus intime. Ici, l’histoire du lieu prend une dimension presque archéologique. Les maçonneries anciennes témoignent de la profondeur historique de cette partie de Paris, où subsistent des vestiges attribués à l’enceinte de Philippe Auguste, édifiée à la charnière des XIIe et XIIIe siècles. À l’étage supérieur répond ainsi un espace plus secret, où les pierres anciennes côtoient les surfaces contemporaines, les miroirs et les nuances enveloppantes du Bleu Canopée.Une seconde sculpture de Roland Cognet y accueille les visiteurs : le singe rouge, figure familière de l’ancienne boutique située au 13 rue Jean-Jacques-Rousseau. Sa présence relie symboliquement les deux adresses et inscrit ce nouveau lieu dans la continuité de l’histoire parisienne de la Maison.
Une maison d’auteur, un art de vivre le parfum
Plus qu'une nouvelle boutique, ce lieu incarne une certaine idée de la parfumerie : personnelle, libre, savante et sensible.
À une époque où les univers du luxe tendent parfois à se ressembler, Pierre Guillaume Paris cultive une identité profondément singulière, nourrie de références artistiques, de curiosité pour les matières et d'une écriture olfactive qui n'appartient qu'à son créateur.
L'architecture devient ici le prolongement naturel du geste du parfumeur : un art de la composition, de l'équilibre et de l'émotion.
« Dès le seuil en mosaïque, l'univers poétique et raffiné de Pierre Guillaume nous enchante et, dès l'entrée dans ce temple absolu du parfum, la simplicité et l'élégance s'imposent comme des évidences. »
Araxie Toutghalian
Elle décrit également les parfums présentés dans leurs flacons comme autant de créations scintillant dans un écrin sur mesure, hors du temps, et salue l'originalité d'une écriture olfactive capable de faire voyager à travers les émotions.
Au 10 rue Jean-Jacques-Rousseau, Pierre Guillaume Paris ne cherche pas à reproduire les codes d'une parfumerie de luxe conventionnelle.
La Maison propose un lieu qui lui ressemble : une adresse patrimoniale, un espace de création et de transmission, une rencontre entre l'histoire de Paris et l'imaginaire d'un parfumeur contemporain.
Boutique PIERRE GUILLAUME PARIS – 10 rue Jean-Jacques-Rousseau, 75001 Paris. Métro Louvre-Rivoli – Les Halles – Palais Royal – Du lundi au samedi 11:00-14:00, 15:00-19:00.
Conception : Pierre GUILLAUME – Architectes : François Lebel – Sculpteur : Roland Cognet – Galerie : Claire Gastaud – Céramiste : Amandine Armand.





